27 octobre 2008
Rabbit Proof Fence
The Rabbit Proof Fence is protective device built in Australia during the last century to protect Australian pastures from the invasion of rodents. There are three fences in total, isolating Western Australia from the rest of the country.
Rabbit Proof Fence is the story of three little girls, Molly, Daisy and Gracie, who were stolen from their parents by British Authorities on humanitarian grounds, and sent away in the "care" of churches and religious missions, around 1930.
Thousands of children across Australia have been forcefully removed from their families during the 20th century, their names changes and their identities erased, in a bid to "dilute" the aboriginal population in the white, christian population of settlers.
Molly, Daisy and Gracie were sent to the Moore River Native Settlement, and escaped. They walked the 2500 km journey to their mothers.
Simple storyline. Three little girls, the Australian desert, a white male figure of authority and an aboriginal tracker.
However, it turns into quite something else. It talks about motherhood, and what bonds a mother to her child. It shows the strength of that bond, symbolized by the fence: the girls follow the fence to get home. The fence is what links them to their mother, but it is also what gives them away. A double-edged life-line.
it is also about culture and nurture, and the frivolous white/christian concept that all cultures are inferior to Western culture. Supposedly removed on humanitarian grounds (the excuse then used by the British was that Aboriginal people neglected their children), these children were banned from using their language, were sent to Church and westernized as much as possible. During their journey across Australia's bush country and desert, the three little girls become a plea for aboriginal culture, and their extra-ordinary knowledge of their environment. Three tiny girls face the immensity of the unforgiving desert, but they have with them thousands of years of Aboriginal skills. The movie asks the question of culture, and whether one is more valid than the other. It stresses the tight links between culture and environment. It demonstrates brilliantly that Aboriginal culture is in fine tune with the Australian harsh country, and shows by contrast how unskilled and helpless white people are when facing the desert: the girls elude their pursuers over and over again. Tracked by an Aboriginal working for the white man, the girls must resort to all their ingenuity and knowledge to avoid capture. The character of the "tracker" is also very important, as this man symbolizes all the horror of being a parent, Aboriginal and enslaved at the same time: the tracker has a daughter, held captive in the same facility as the girls. He is on probation (although it is never known what his crime was) and is forced to chase the fugitives and bring them back to the camp. The tracker has to choose between some rare and distant encounters with his captive daughter and freedom. He betrays his people to carry on being a father, despite the huge costs. This -almost mute- character seems to speak for the Aboriginals, and shows them as being no more, no less than human beings (a father makes a moral sacrifice in order to be near his child, just like any parent would do).
But this movie is first and foremost a cry for all these children taken from their families, all these mothers that never saw their children again, all these lives ruined and shattered by the all-powerful white man. Declared wards of the state (even though most of them still had their parents), the children were robbed from their identity, and, when later "released", the impact of the Government's policies eventually started to show: uprooted, and virtually coming from nowhere, the Aboriginal stolen generations encountered huge difficulties with life as second-class citizens, and crime and drug ravaged the communities.
The Australian Government apologized to the Aboriginal people in 2007, more than a century after the first children were removed from their families.
The systematic removal of children from their families, their forced westernization, and the planned "breeding" of Aboriginal people with westerners would have brought about the end of the Aboriginal people, had it been carried out completely.
This was a planned genocide. Nothing more, nothing less.
27 septembre 2008
Ophélie
I
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
II
O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !
Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton œil bleu !
III
- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
Arthur Rimbaud, 15 mai 1870
17 septembre 2008
I just realised
That this blog is read. By people. Deletion of posts is therefore a necessity. Don't want things to be dragged out of this place.
20 juillet 2008
«Le fichage Edvige n'a aucun rapport avec l'ordre public»
«Le nouveau fichier Edvige des "personnes portant atteinte à l'ordre public" est un pas de plus vers une société de surveillance généralisée» estime Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH). La création de ce fichier qui mêle citoyens ordinaires et responsables politiques, discrètement annoncée au Journal officiel du 1er juillet, provoque une mobilisation sans précédent. Plus de 27.000 personnes et 245 associations ont d'ores et déjà signé la pétition pour l'abandon du fichier. La Ligue des Droits de l'Homme a décidé de saisir le Conseil d'Etat. La pétition est ici.
Jean-Pierre Dubois : « Il s'agit d'un pas de plus vers une société de surveillance généralisée. Edvige (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) est un nouveau fichier qui s'inspire des caractéristiques de l'ancien fichier des Renseignements généraux, en les aggravant. Il est créé en même temps que la fusion entre les Renseignements Généraux et la DST (Direction de Surveillance du Territoire), au sein d’une même agence de renseignements — la Direction Centrale de la Sécurité Publique. Son but est de recenser des personnes susceptibles de porter atteinte à l'ordre public, en dehors du cadre des procédures judiciaires et ce, pour des gens qui n'ont pas de casier. Mais ce fichage est censé inclure les responsables syndicaux, chefs d'entreprises ou personnalités politiques, qui n'ont aucun rapport avec la notion d'ordre public mise en avant (1). Les informations concerneront à la fois le domaine public comme l'appartenance politique, l'engagement associatif, l'appartenance religieuse mais aussi des données beaucoup plus personnelles comme l'orientation sexuelle ou la situation familiale.
(1) Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique, ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ».
Ce mélange des genres est extrêmement choquant puisqu'on confond les « délinquants » et les citoyens paisibles. La deuxième critique concerne le fichage de mineurs dès l'âge de 13 ans. Même si la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot Marie, a affirmé que la majorité pénale était effective à cet âge là, on sait qu'elle n'est prise en compte par les tribunaux que dans des cas exceptionnels.
Edvige ignore la séparation des pouvoirs politiques, judiciaires et informatiques puisque il n'y a plus de distinction entre une décision de justice et un fichage politique. Il viole aussi la présomption d'innocence puisqu'il n'y a pas de jugement. La consultation directe au fichier n'est pas possible, sauf en passant par la CNIL, la contestation non plus. On sait pourtant que certains employeurs s'informent sur leurs salariés grâce aux Renseignements Généraux.
A l'heure actuelle, environ 20 millions de personnes sont fichées. La majorité des Français n'en a pas conscience et estime qu'elle n'a rien à cacher, mais les dérives existent. Le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) était, par exemple, destiné à l'origine au fichage des délinquants sexuels mais il est aujourd'hui utilisé pour des délits comme les infractions routières. La situation est encore plus complexe en ce qui concerne le STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées ) puisqu'il s'agit d'une base de donnée interconnectant les fichiers policiers et répertoriant toute personne ayant été concernée par une procédure judiciaire (crimes, délits et contraventions diverses et variées), qu'elle soit mise en cause ou bien... victime. Et quand bien même le mis en examen est blanchi. Nous ne sommes pas hostiles au recours à des outils informatiques si ceux-ci sont réservés à des cas précis et n'engendrent pas l'expansion permanente du fichage des individus.
On entre aujourd'hui de plus en plus dans un État informatique, avec le développement de techniques de surveillance (caméras, puces à radio fréquence présente dans les cartes de crédit, de transport ...). La vidéo surveillance n'est pas aussi visible que les contrôles d'identité. Cela n'en reste pas moins une privation de liberté et une remise en cause de la protection de la vie privée. Ces évolutions techniques entraînent un rapport de plus en plus déséquilibré entre le citoyen et le pouvoir.
Ce fichier ouvre la porte à une stigmatisation de la population et à toutes formes de discrimination. Cette logique de contrôle social exercé par l'État est aujourd'hui incontrôlée. Alors qu'en droit pénal, une infraction doit être précise, qu'entend-on aujourd'hui derrière le terme "d'atteinte à l'ordre public" ?
Avec d'autres organisations comme le syndicat de la Magistrature, Le collectif Droits Et Libertés face à l'Informatisation de la Société (DELIS), IRIS (Imaginons un Réseau Internet Solidaire), la ligue Des Droits de l'Homme a décidé de saisir le Conseil d'Etat.»
Réalisé par Laura Roland
Les «mauvaises mœurs» du prof manifestant.
Il risquerait de « corrompre son milieu professionnel », selon le rectorat. Rodolphe, enseignant stagiaire, est suspendu de son poste à l’Education nationale depuis sa mise en cause par des policiers lors d’une manifestation, début avril, à Paris. Accusé de « violence à agents », il doit comparaitre, fin septembre, devant le tribunal correctionnel.
Rodolphe. « Je suis enseignant stagiaire en mathématiques et physique-chimie au lycée Denis Papin à la Courneuve. J'aurais dû être affecté à un poste de titulaire à la rentrée, mais je suis poursuivi pour violence à agents depuis ma participation à l'une des manifestations lycéennes contre les suppressions de postes à Paris, en tant qu'encadrant, le 3 avril. J’ai été interpellé, placé en garde à vue et renvoyé devant le tribunal en comparution immédiate. L’audience a finalement été reportée en septembre, mais le rectorat a suspendu ma titularisation.
Beaucoup de policiers étaient présents et rythmaient la marche, imposant arrêts et accélérations. A la fin du défilé, près du métro Saint François Xavier, les lycéens se sont rassemblés dans le calme, la plupart s’était assis par terre. J’ai alors vu certains policiers enlever leurs brassards, puis se mêler à la foule. Lorsqu'ils se sont rapprochés d'un groupe de lycéens, je les ai suivis. Une dizaine de jeunes s’étaient fait interpeller, de façon assez violente, pendant le défilé. Constatant ma présence, les policiers m'ont demandé de m'éloigner, mais j’ai insisté pour rester, en leur expliquant que la manifestation était autorisée. L'échange a duré deux ou trois minutes, puis ils m'ont interpellé.
Je pensais subir un simple contrôle d'identité. J’ai tout d'abord été fouillé, derrière le camion. Voyant des marqueurs dans mon sac, l'un des policiers m'a lancé « t'es un taggueur ». Je me suis présenté comme professeur. Mais l’un d’eux a déclaré à son collègue : « Tu l'as bien vu jeter des cailloux, hein ? » « Ouais, ouais, je l'ai vu » a répondu le deuxième agent. J'ai contesté l’accusation, mais ils l’ont répétée à leur responsable. J'ai alors été placé en garde à vue pendant 24 heures, accusé de violence à agents. J'ai été déféré le lendemain matin au Tribunal de grande instance, pour une comparution immédiate. Entre temps, deux des trois policiers qui m'avaient accusé s'étaient désistés. Le procès, qui devait se tenir le 17 avril, a été reporté en l’absence du policier, au 24 septembre.
L'histoire dépasse le cadre judiciaire puisqu'aujourd'hui, ma titularisation est menacée. Le 18 juin, j’ai reçu une lettre m'informant de ma suspension pour quatre mois, en attendant l'issue du procès. Une « mesure conservatoire » car je risquerais de « corrompre mon milieu professionnel », alors que je suis en vacances ! Le 4 juillet, j'ai appris que ma titularisation ne passerait pas devant la commission et serait rediscutée à une date ultérieure au procès.
La titularisation se base sur plusieurs critères. Par exemple, le critère pédagogique dépend de l'appréciation de l'enseignant titulaire et celle du formateur IUFM. Le dossier est ensuite présenté au recteur, qui doit le valider.
En consultant mon dossier administratif, j'ai découvert que le recteur avait envoyé un courrier au Tribunal de grande instance de Créteil, pour s'informer de ma situation. Je l'avais averti immédiatement. Comme je n’ai pas été suspendu immédiatement, j’ai perdu les possibilités légales de recours. On aurait affirmé à mon sujet au rectorat que le recteur ne pouvait « pas prendre le risque de garder quelqu'un qui aurait de mauvaises mœurs ». Une expression syndicale peut-elle être rangée dans la catégorie « mauvaises mœurs » ?
Je suis donc suspendu jusqu'au 18 octobre. La suite dépendra de la décision du tribunal. Les policiers n’ont pas de preuves contre moi. Mon avocat se dit confiant. L'incertitude réside dans la réaction du recteur, si je ne suis pas innocenté. Le poste auquel je devais être affecté à partir de septembre sera confié à des enseignants contractuels, qui se partageront mon planning. Je ne pourrais récupérer mon poste entier qu'en décembre. La rentrée 2008 ne se fera donc pas dans les meilleures conditions, ni pour moi ni pour mes futurs élèves. Quand à mon statut, je resterai stagiaire jusqu'à cette date et un arrêté rétroactif sera signé pour que je sois considéré comme titulaire. Mes formateurs me soutiennent, mon proviseur s'engage à être témoin au procès. Alors que mon avenir était assuré, il devient précaire. »
Réalisé par Laura Roland
07 juillet 2008
Today is...
Radiohead day.
Been listening to Kid A all morning.
Hail.
02 juillet 2008
Blaise Aguera y Arcas: Jaw-dropping Photosynth demo
Do click on the link and enjoy. For once, technology lives up to its expectations.
http://www.ted.com/index.php/talks/blaise_aguera_y_arcas_demos_photosynth.html
11 juin 2008
Filiation réduite aux gamètes
A quand la preuve génétique de la paternité pour les pères qui vont déclarer leur enfant en mairie ? Si seule la biologie «prouve» la paternité, que diront les parents adoptifs, les beaux-pères, les belles-mères de nos familles recomposées, que diront les enfants qui ont été adoptés et leurs frères et sœurs par le cœur (et pas toujours par le sang) ? La loi qui vous a déclaré père d’un enfant devra-t-elle céder le pas à la «science», le biologique deviendra-t-il le seul repère valable pour instaurer la filiation, au mépris de l’affectif et du juridique ? Le «donneur de gamètes» serait donc, seul, le père ? Pierre Legendre disait : «Il ne suffit pas de produire de la chair humaine, encore faut-il l’instituer.» En prônant les tests génétiques, les hommes politiques et ceux qui les soutiennent oublient que la fabrique d’un être humain passe par le désir et la volonté de l’adulte de se reconnaître tuteur de l’enfant. On ne peut pas soupçonner systématiquement de fraude. On ne peut pas penser à l’humanité uniquement en termes comptables et de rentabilité, ni donner raison à ceux qui ont peur de l’étranger, de celui ou celle qu’ils perçoivent comme différent…
Le degré de
civilisation d’une société se mesure à la façon dont elle traite ses
enfants. Cet enfant que je reconnais comme le mien, même si je ne suis
«que» son oncle, ou son parrain, ou l’ami de son père, je ne pourrais
donc plus l’accueillir comme mien parce que nos ADN sont différents ?
Cet enfant de mon époux, que j’ai accueilli comme mien, cet enfant que
j’ai adopté, il me faudrait le laisser derrière moi, l’abandonner de
nouveau, parce que son ADN est différent du mien ou de celui du reste
de la fratrie ? Alors que cet enfant qui serait arrivé dans ma vie,
revenu de loin, peut-être, isolé, serait encore plus vulnérable et donc
mériterait encore plus qu’on prenne soin de lui, qu’on contribue à
renforcer les liens affectifs qu’il noue et non pas à les mettre en
danger. Mais pour cet enfant, recueilli ou adopté, né ailleurs et qui
porte sa différence d’avec ses parents aux yeux de tous, faudra-t-il
désormais que son père ou sa mère garde sur soi, en permanence, le
jugement d’adoption pour prouver qu’il est bien son enfant, même avec
des gènes différents ? Dans la Rome antique, le père reconnaissait son
enfant en l’élevant au-dessus de sa tête, cela suffisait pour que la
société les reconnaisse comme père et fils ou fille. Que vont dire les
enfants nés sous X ? La France semble oublier ici la convention
internationale des droits de l’enfant, les lois de bioéthique, mais
également sa culture, son histoire.
Par Docteur Fanny Cohen
Herlem, psychiatre, et Janice Peyré, présidente d’Enfance et familles
d’adoption, membre du Conseil supérieur de l’adoption
23 mai 2008
Justice
The Nuremberg War Criminal Tribunal convicted 24 IG Farben board members and executives on the basis of mass murder, slavery and other crimes against humanity. Amazingly however, by 1951 all of them had already been released, continuing to consult with German corporations. The Nuremberg Tribunal dissolved the IG Farben into Bayer, Hoechst and BASF.
Fritz derMeer, the senior manager at Farben in 1943, was convicted of war crimes at Nuremberg on July 29, 1948. Although he co-operated with the SS and the Final Solution, he was sentenced to only six years in War Criminal Prison.
Le Tribunal Militaire de Nuremberg a reconnu 24 membres du Comite Executif et cadres de IG Farben coupables de genocide, esclavage et crimes contre l'Humanite. Fait surprenant cependant, en 1951, TOUS avaient ete liberes, continuant d'agir en tant que consultants pour des entreprises allemandes. Le Tribunal de Nuremberg a dissous IG Farben et l'a divise en trois: Bayer, Hoechst et BASF.
Fritz derMeer, cadre superieur a Farben in 1943, a ete reconnu coupable de crimes de guerre a Nuremberg le 29 Juillet 1948. Bien qu'ayant coopere avec les SS et ayant participe a la Solution Finale, il n'a ete condamne qu'a six ans de prison.
http://video.google.com/videoplay?docid=-5266884912495233634
15 mai 2008
Génétiquement libre ou délinquant
• par Guillaume Pigeard de Gurbert •
Gary Pugh, le directeur du service scientifique de Scotland Yard, veut établir un fichier ADN pour les enfants dès l'âge de 5 ans afin d'«identifier les gens avant qu'ils commettent un délit. Il nous faut trouver quels seront ceux qui commettront peut-être (possibly) les plus graves délits contre la société». Il s'agit, argumente-t-il, d'arrêter le crime avant qu'il ait lieu.
Au Royaume-Uni, ce sont déjà près d'1,5 million de jeunes entre 10
et 18 ans qui sont génétiquement fichés. La police a le droit depuis
2004 de prélever les empreintes génétiques d'un jeune qu'elle a arrêté,
qu'il soit ensuite condamné ou innocenté (Source : The Observer, 16 mars 2008).
On a vu comment la doctrine américaine de la «tolérance zéro» est
passée de New-York au Royaume-Uni puis en Europe et en France
singulièrement (Cf. L. Wacquant, Les prisons de la misère). Il faut donc voir dans cette biopolitique fascisante notre propre présent et non pas on ne sait quelle lubie britannique.
On se souvient du reste du récent rapport de l'Inserm commandé par Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, sur la détection des enfants prédélinquants de 36 mois. On n'a pas oublié non plus la croyance de ce dernier en l'origine génétique de la pédophilie ou du suicide des adolescents : «J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable.» (Philo Mag, N° 8). Quand les hommes politiques se mettent à manier des entités scientifiques auxquelles ils ne connaissent manifestement rien, le pire est à redouter.
La biologie se trouve enrôlée par une politique réactionnaire qui
opère une confiscation biopolicière des possibles d'un individu.
Exister n'est plus se faire, s'inventer et se créer, mais dérouler
mécaniquement les attributs enveloppés dans son essence criminelle.
Belle expression de l'antinomie de la raison libérale qui prône la
liberté individuelle et qui pratique dans le même temps le déterminisme
pseudo-biologique. On comprend que la liberté du libéralisme est un don
inné que l’on a ou pas, et non un droit. C'est la nouvelle déclaration
des «droits» de l'homme libéral : certains hommes naissent libres,
d'autres non. Aux premiers le profit et la réussite, aux autres
l'enfermement (carcéral, psychiatrique, médical ou biologique).
Guillaume Pigeard de Gurbert est professeur de philosophie en hypokhâgne au lycée de Bellevue à Fort-de-France.

